De la sincérité envers soi-même.

A chaque numéro la revue  le festin présente un acteur du graphisme du territoire de la Nouvelle Aquitaine. Sollicité pour y apparaître, il m’a été demandé de réinterpréter une couverture de livre d’un auteur de la Nouvelle Aquitaine. Mon choix s’est porté sur De la sincérite envers soi-même de Jacques Rivière.

Chaque livre constitue en soi une expérience, il peut par sa lecture changer notre vision des choses. Pour l’exercice demandé, la réinterprétation de couverture, je voulais, comme j’aime à le faire dans mes travaux, synthétiser un concept, une idée simple. C’est aussi souligner que le graphisme ne se réduit pas à une illustration ou des agencements de signes ou formes graphiques, c’est parfois, l’équation entre une idée et un support.

A l’heure de l’omniprésence des réseaux sociaux, du culte de l’image de soi, De la sincérité envers soi-même est d’une étonnante modernité. Être sincère, dans une société numérique où l’on est tenté d’offrir à autrui une image «choisie», calibrée, falsifiée… Cette distorsion entre son image et son soi véritable est une problématique que Jacques Rivière connaissait déjà en son temps mais qui est aujourd’hui grandement amplifiée.

La couverture instaure, un début de dialogue avec le regardeur. Une sorte d’introspection avant la lecture, se regarder en face… pour mieux considérer la lecture, suivre le cheminement intellectuel de l’auteur. Pour cela la couverture est imprimé (en sérigraphie par les soins de L’Office) sur un papier réfléchissant, il agit comme un miroir. Le titre apparaît une première fois comme un cadre… Incitant à se regarder en face, ne pas se laisser désorienté par les formes noires, les «états noirs» (états de lâcheté…) que l’auteur décrit. Les caractères ne sont pas entiers, ils se perdent hors du livre, dans l’inconnu… les suivre, nous perdrait. Résumant ainsi l’idée de la nécessite d’être en accord avec soi-même.

 

Publication

Le festin

Date

6 mars 2018